La gestion de projet est une discipline d’origine industrielle dont INTI a fait évoluer les outils pour les aux projets de développement territorial dans un contexte de coopération et de participation.

Le management industriel se fonde sur la division du travail, sur la séparation des tâches de conception et des tâches d’exécution, et sur la concentration de l’autorité et du pouvoir de décision au sommet d’une hiérarchie verticale de commandement et de contrôle qui fonctionne de bas en haut (top down).

Les principes de cette hiérarchisation sont à présent discutés dans le secteur industriel lui même. En dehors du cadre industriel, on peut noter de nombreuses divergences par rapport au modèle originel. De nombreux produits sont à présents des services immatériels qui supposent une forte attention au client et une organisation sans faille.

Les projets de développement territorial sont actuellement entrepris, conduits et conduits par des partenariats caractérisés par une logique de coopération horizontale, également très exigeante au niveau de l’organisation. Ce sont des projets participatifs qui veulent promouvoir un logique « du bas vers le haut » (bottom-up) et qui revendiquent une fonction de proposition dans le processus décisionnel.

Ces partenariats ne sont pas des épiphénomènes ; les partenariats Ils constituent notamment la référence des fonds structurels européens. Les pôles de compétitivités sont également des partenariats. Ce sont des consortiums, voire des réseaux plus informels, qui se forment de façon temporaire autour d’un objectif concerté et qui partagent une partie de leurs ressources de façon rationnelle et transparente pour atteindre cet objectif. Temporaires, rassemblés autour d’un objectif, ils font souvent corps avec un projet.

Ces partenariats sont multisectoriels à double titre. En premier lieu, ils mêlent des partenaires publics, privés et associatifs, c’est-à-dire des organisations dont les modes d’administration et de gestion sont très différents, ainsi que les processus décisionnels. En second lieu, ils rassemblent sur une base territoriale des acteurs de différents secteurs d’activité : emploi, logement, santé, mobilité, travail, autonomie sociale… qui souhaitent coopérer pour promouvoir le développement durable, mais dont les cultures professionnelles sont extrêmement disparates, notamment en matière de gestion.

Ce ne sont pas des systèmes hiérarchisés, mais des structures mêlant des systèmes de décision représentatifs, basés sur l’expression d’une majorité, et des systèmes de concertation fondés sur le consensus.

Dans le cadre de partenariats transnationaux et de coopération internationale, les différences culturelles sont encore plus importantes, notamment en matière de management, mais également concernant la manière d’être et d’agir. Les systèmes de décision sont complexes parce qu’ils impliquent, au delà du niveau local où s’expriment ces divergences, les ministères nationaux et des modes de financement supranationaux. La communication devient alors une dimension déterminante de la gestion de projet.

L’expérience montre toutefois que les méthodes et les outils « traditionnels » de la gestion de projet, ceux qui sont utiles pour gérer le temps, l’argent et les contenus (qui constituent les contraintes fondamentales de la gestion de projet), ne sont pas remis en cause par ces évolutions. Nous pouvons même souhaiter que leur usage se diffuse. Toutefois cet usage doit être reconsidéré en fonction de :

  • L’aspiration des participants à plus d’initiative
  • De l’évolution des processus de décision vers une expression plus large des citoyens
  • D’une demande croissante d’information et de communication renforcée par les nouvelles potentialités des technologies ad hoc.

Enfin les principes fondamentaux de la gestion de projet portent en germe ceux de l’évaluation.

Acokima poursuit le développement et l’adaptation à des contextes spécifiques d’outils de gestion et d’évaluation de projets en intégrant la dimension territoriale, notamment dans le cadre de la méthode Catalyse. Par exemple, l’analyse territorialisée des besoins sociaux est la base de la pertinence d’un projet. Les confrontations besoins / ressources et prévision / réalisation sont constitutives de la méthodes Catalyse. Acokima porte bien sûr une attention particulière à la mesure de l’impact social et environnemental, sans toutefois négliger leur efficience économique.